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02/02/2011

Un Algérien à l'Elysée : portrait d'Abderrahmane Dahmane

Du comité de soutien à Bouteflika... à celui de Sarkozy

UMP Abderrahmane DAHMANE 151103 x.jpg

Abderrahmane Dahmane vient d'être rappelé à l'Elysée pour réactiver ses réseaux estampillés "diversité". Le Figaro vient de publier un article sur celui qui  "a déjà commencé à mettre en place des «comités de soutien» à Sarkozy en Algérie et au Maroc", explosion de l'accès à la double nationalité oblige.


  Un portrait de celui qui est embauché pour capter le vote musulman s'impose tant son profil est ambigu.

Celui qui fut un temps secrétaire national UMP chargé des relations avec les associations de français issus de l’immigration est avant tout un Algérien ayant commencé la politique... en Algérie. Les journalistes Christophe Deloire et Christophe Dubois rapportaient dans un livre (1) sorti en 2004  : "Au printemps 2004, il fait campagne en faveur d’Ali Benflis, candidat aux élections présidentielles en Algérie, qui sera finalement battu à plate couture. Cette suractivité militante sème le trouble. Avant de défendre Benflis, Dahmane n’avait-il pas, pour le scrutin précédent, supervisé un comité de soutien pour Bouteflika, le président sortant opposé cette fois-ci à Benflis? Téléphone vissé à l’oreille, Dahmane entretient son réseau. Au fil des années, il est devenu une figure incontournable, et incontrôlable, du microcosme de l’Islam de France."

Un temps concurrent de Dalil Boubaker pour se hisser à la tête de la Mosquée de Paris, il tenta de le déstabiliser, notamment en critiquant vertement un épidose où Boubaker, pour une fois bien inspiré, demanda à l'Intérieur de déporter un islamiste radical :

"La guerre atteint son apogée quand Dahmane publie dans la revue Islam une lettre du recteur demandant au ministère de l’Intérieur l’expulsion d’un imam de Grenoble coupable de «prises de positions extrémistes». La revue titre : «Quand l’abbé Pierre défend les Maliens, Boubakeur fait expulser les imams»"

Cette "grande gueule" ayant obtenu la nationalité française tient à peser dans le débat public. Il se fit connaitre dès le début des années 80 lors de la "marche des beurs" et en prenant la direction de Radio France Maghreb. Il a définitivement rejoint l'équipe de Nicolas Sarkozy lors de la campagne 2007, où il mit en avant les positions les plus laxistes du président pour se justifier auprès de ses compatriotes algériens. Il eut ainsi le beau jeu de prendre la défense de M. Sarkozy, "accusé de chasser sur le terrain de l'extrême droite raciste" alors qu'il fut "l'artisan de la suppression de la double peine" et qu'il propose le droit de vote pour les étrangers aux élections municipales. (rapporté en mai 2006 par Saphirnews)

Dans un communiqué il plaida pour la régularisation des clandestins et s'opposa à un durcissement du regroupement familial : "Il n'y a pas lieu de changer la réglementation sur le regroupement familial et encore moins la possibilité de permettre à ceux qui ont vécu pendant dix ans dans la clandestinité de se faire régulariser"

Aujourd'hui il est sous le feu des projecteurs concernant sa nomination au poste d'Inspecteur Général de l'Education nationale (IGEN), statut très rémunérateur (entre 4000 et 6000 euros), corporation où sa venue laisse dubitatif. Quel travail effectif réalise-t-il ?. Rue 89 publie effectivement un rapport de la cour des comptes qui mentionne Dahmane et cette nomination curieuse pour ce simple conseiller principal d’éducation dans un collège du 18ème arrondissement de Paris il y a quelques années.  

Mais ses prises de positions les plus indéfendables concernent l'islamisme dont il va jusqu'à nier l'existence à Paris suite à un communiqué de SOS Racisme s'inquiétant de la monté des radicaux dans le 19ème :

Dans mon livre L'islamisation de la France (Godefroy de Bouillon, 2006), voilà ce que j'avais rapporté sur ce singulier personnage  :

" Un secrétaire national UMP douteux

Le dîner du ramadan du 21 octobre 2005 à Colombes fut organisé à l’initiative de Abderrahmane Dahmane, président du « Conseil des démocrates musulmans de France », secrétaire national de l'UMP chargé des relations avec les associations de Français issus de l'immigration. Figure peu connue de l’UMP, il prit lors du démantèlement du réseau islamiste dit des « buttes Chaumont »  des positions niant la réalité du communautarisme et des réseaux islamistes, critiquant SOS-Racisme qui dénonça dans un rapport ces réalités. SOS racisme, qui notait : « Depuis un an, nous avons créé un pôle d’observation qui a décelé le développement de l’intégrisme musulman sur le 19e ». « On a vu des jeunes porter la tenue afghane au lieu de la djellaba traditionnelle, de plus en plus de demandes de parents pour qu’on serve à leurs enfants des repas spécifiques à l’école, la multiplication d’actes antisémites... »
La nature islamiste des activités de la mosquée Addaw’a  du 19 ème arrondissement est démontrée dans le chapitre « L’alliance rouge vert » . Pour le collaborateur de Nicolas Sarkozy, SOS-Racisme délire en dressant un tel portrait du quartier, pourtant corroboré par un rapport des renseignements généraux. Pour le secrétaire national de l’UMP « La montée du communautarisme et des réseaux islamistes est une vue de l'esprit et une idée fantasmagorique ». Les islamistes ne progressent donc pas en France, le communautarisme non plus, dormons tranquille. Autre positionnement inquiétant, Abderrahmane Dahmane en juin 2006, prit la défense d’un imam notoirement islamiste arrété par la police française. Dhaou Meskine est ni plus ni moins le secrétaire général des imams de France. Ancien de l’UOIF, l’imam a aussi fréquenté le mouvement islamiste tunisien En-Nahdha selon un rapport que s'est procuré Le Figaro. Meskine fut longuement interrogé en 1997, suite au démantèlement du réseau de soutien au gang d'islamo-gangsters de Roubaix partiellement neutralisé en 1996. En juin 2006, Le Parisien rapporte que l’enquête menée par les policiers de la sous-direction antiterroriste de la police judiciaire et de l'Office central pour la répression de la grande délinquance financière (OCRGDF), concerne « Des transferts de fonds suspects, évalués à plusieurs centaines de milliers d'euros, auraient transité entre les structures pilotées par [Dhaou Meskine] et des ONG islamistes, basées notamment dans le golfe Persique, ainsi que des individus connus pour leur engagement fondamentaliste. Ces interpellations visent à démêler l'écheveau financier des nombreuses associations et sociétés prête-noms mises en place par Dhaou Meskine et ses principaux collaborateurs. » (lire aussi cet autre article édifiant du Parisien du 24 juin 2006 où on apprend que plusieurs témoins ont vu des hommes cagoulés s'entrainant au tir dans une école islamique normande de Meskine ! )

 Ami de Dhaou Meskine, collaborateur à l’édification de son collège musulman à Aubervilliers, le secrétaire national de l’UMP Dahmane prend sa défense, « Je le connais très bien, je connais ses convictions antiterroristes et antifondamentalistes » (sic)


Voilà jusqu’où peut amener la stratégie de séduction de l’électorat musulman à l’UMP. L’emploi de personnalités influentes dans la communauté musulmane permet certes de draguer des voix, mais au risque de se faire éclabousser par la révélation de leurs encombrantes convictions et relations."

Le livre dont est tirée cette citation :

(1) Christophe Deloire et Christophe Dubois, Les islamistes sont déjà là, Albin Michel, pages 295 à 298

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